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Comptabilité pour kinésithérapeutes en Belgique : les points essentiels

Cabinet privé, consultations à domicile, collaboration avec un centre médical ou exercice en société : la comptabilité d’un kinésithérapeute doit tenir compte des honoraires, des règles INAMI, de la TVA, des frais professionnels, des cotisations sociales et de la digitalisation croissante de la facturation des soins.

Comptabilité pour kinésithérapeutes en Belgique

Pourquoi la comptabilité d’un kinésithérapeute est-elle particulière ?

Le kinésithérapeute indépendant est soumis aux obligations comptables, fiscales et sociales correspondant à son mode d’exercice. Son activité est toutefois directement liée au système belge des soins de santé et à la nomenclature INAMI.

Les revenus peuvent provenir de paiements directs des patients, du tiers payant ou de collaborations avec différentes structures. En parallèle, le praticien supporte des frais liés au cabinet, au matériel thérapeutique, aux déplacements, aux assurances et à la formation professionnelle.

Une bonne comptabilité doit donc permettre de suivre non seulement les obligations fiscales, mais aussi la rentabilité réelle de l’activité.

À retenir : le chiffre d’affaires encaissé ne correspond pas au revenu réellement disponible du kinésithérapeute. Les frais professionnels, les cotisations sociales et l’impôt doivent être anticipés.

Exercer comme kinésithérapeute en personne physique ou en société ?

Le choix de la structure juridique influence directement la comptabilité et la fiscalité de l’activité.

L’exercice en personne physique

En personne physique, le kinésithérapeute exerce directement son activité indépendante. Les recettes et les frais professionnels permettent de déterminer le résultat professionnel qui sera pris en compte dans sa fiscalité personnelle.

Cette forme d’exercice présente une organisation généralement plus simple, mais les revenus professionnels sont directement intégrés dans la fiscalité de la personne physique.

L’exercice via une société

Lorsqu’une société est constituée, celle-ci devient une entité juridique et comptable distincte du praticien.

Les revenus encaissés par la société lui appartiennent. Le kinésithérapeute dirigeant ne peut donc pas utiliser librement le compte bancaire professionnel comme son compte personnel.

Rémunération de dirigeant, remboursement de frais, compte courant et éventuels dividendes doivent être correctement structurés et comptabilisés.

L’intérêt d’une société dépend notamment du bénéfice généré, des besoins privés, des investissements et du développement futur de l’activité.

Les prestations de kinésithérapie sont-elles soumises à la TVA ?

Les soins médicaux à la personne peuvent bénéficier de l’exemption de TVA prévue par l’article 44 du Code de la TVA lorsque les conditions sont remplies.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, le but thérapeutique de la prestation constitue un critère essentiel.

Les soins visant notamment à diagnostiquer, traiter, soigner ou protéger la santé d’une personne peuvent entrer dans le champ de l’exemption lorsque les autres conditions sont respectées.

À l’inverse, une prestation qui ne poursuit aucun but thérapeutique ne bénéficie pas automatiquement de cette exemption.

Attention : ce n’est pas uniquement la qualité de kinésithérapeute qui détermine le traitement TVA. La finalité de la prestation réalisée doit également être prise en compte.

Que faire en cas d’activités différentes ?

Un kinésithérapeute peut développer, à côté de son activité thérapeutique, d’autres prestations professionnelles.

Selon leur nature, celles-ci ne suivent pas nécessairement le même traitement TVA que les soins thérapeutiques.

Il est donc important d’identifier séparément les différentes activités : soins de kinésithérapie, prestations sans finalité thérapeutique, formations ou autres services professionnels.

Lorsqu’une partie de l’activité est soumise à la TVA tandis qu’une autre est exemptée, les obligations TVA et le droit à déduction doivent être déterminés en fonction de la situation réelle.

Un kinésithérapeute peut-il récupérer la TVA sur ses achats ?

Lorsqu’un praticien réalise uniquement des prestations exemptées qui n’ouvrent pas droit à déduction, la TVA payée sur les dépenses liées à ces prestations n’est en principe pas récupérable comme elle le serait pour une activité pleinement soumise à la TVA.

Cela peut concerner notamment l’aménagement du cabinet, le matériel informatique ou certains équipements professionnels.

En présence d’activités à la fois exemptées et taxées, le traitement doit être adapté à la situation TVA du praticien.

Quel rôle joue l’INAMI dans la gestion du kinésithérapeute ?

Les prestations remboursables de kinésithérapie sont encadrées par la nomenclature de l’assurance soins de santé.

Le praticien doit donc organiser son suivi administratif de manière à pouvoir rapprocher les prestations réalisées, les attestations, les paiements des patients et les éventuels montants reçus via le tiers payant.

La nomenclature et les règles de remboursement peuvent également varier selon la situation du patient et le type de traitement.

Une bonne organisation administrative réduit les différences entre les prestations réalisées et les montants effectivement encaissés.

Conventionné ou non conventionné : quelle différence ?

En 2026, la convention M/25 encadre notamment les relations entre les kinésithérapeutes ayant adhéré et les organismes assureurs.

Le kinésithérapeute qui adhère à la convention applique les tarifs officiels prévus et peut, s’il respecte les autres conditions, bénéficier de certains avantages liés au conventionnement.

Le praticien qui n’a pas adhéré fixe librement ses tarifs. L’INAMI précise cependant qu’une diminution de 25 % du remboursement des prestations des kinésithérapeutes non conventionnés est appliquée depuis le 1er mai 2025.

Le statut de conventionnement doit donc être intégré dans les prévisions financières du cabinet, puisqu’il peut influencer les tarifs pratiqués et les remboursements des patients.

eFact, eAttest et MyCareNet : qu’est-ce qui change en 2027 ?

La digitalisation administrative des kinésithérapeutes va franchir une étape importante le 1er janvier 2027.

À partir de cette date, les kinésithérapeutes seront en principe tenus d’utiliser plusieurs services sécurisés de MyCareNet :

  • eFact pour la facturation électronique en tiers payant ;
  • eAttest pour l’attestation électronique hors tiers payant ;
  • eAgreement pour les échanges relatifs aux accords ;
  • Member Data pour la consultation des données d’assurabilité du patient.

En octobre 2026, ces services peuvent déjà être utilisés, mais l’obligation générale applicable aux kinésithérapeutes débute le 1er janvier 2027.

L’INAMI prévoit certaines exceptions, notamment pour les praticiens qui avaient 67 ans ou plus au 1er janvier 2027, ainsi que dans certaines situations occasionnelles d’impossibilité technique ou de force majeure.

À anticiper dès 2026 : si votre cabinet n’est pas encore organisé pour MyCareNet, vérifiez que votre logiciel est compatible avec eFact, eAttest, eAgreement et Member Data avant l’entrée en vigueur de l’obligation en 2027.

Quels frais professionnels un kinésithérapeute peut-il déduire ?

Les dépenses professionnelles peuvent intervenir dans la détermination du résultat lorsqu’elles répondent aux conditions fiscales applicables.

Selon l’organisation de l’activité, on peut notamment retrouver :

  • le loyer du cabinet ou les frais liés au local professionnel ;
  • les tables et équipements de kinésithérapie ;
  • le petit matériel thérapeutique ;
  • les appareils utilisés dans le cadre des traitements ;
  • les logiciels professionnels ;
  • le matériel informatique ;
  • les assurances professionnelles ;
  • les formations et congrès liés à l’activité ;
  • les cotisations professionnelles ;
  • les frais de téléphone et d’internet professionnels ;
  • certains frais de déplacement et de véhicule ;
  • les honoraires du comptable et d’autres conseillers.

La déductibilité exacte dépend toujours de la nature de la dépense, de son lien avec l’activité et des éventuelles limitations fiscales.

Matériel de kinésithérapie : charge ou investissement?

Toutes les dépenses professionnelles ne sont pas comptabilisées de la même manière.

Le petit matériel consommé rapidement peut généralement être traité différemment d’un équipement important destiné à servir pendant plusieurs années.

Lorsqu’un bien constitue une immobilisation, son coût est réparti sur sa durée d’utilisation au moyen d’amortissements selon les règles comptables et fiscales applicables.

Cette distinction influence directement le résultat de l’activité pour l’exercice concerné.

Visites à domicile : comment gérer les frais de déplacement ?

De nombreux kinésithérapeutes se déplacent régulièrement chez leurs patients.

Les déplacements professionnels doivent être distingués des trajets privés et correctement documentés lorsque des frais de véhicule ou de déplacement sont repris dans la comptabilité.

La fiscalité automobile dépend notamment du véhicule utilisé, de sa motorisation, de ses émissions de CO₂ et de la date d’acquisition, de leasing ou de location.

Pour un praticien effectuant de nombreuses visites, le coût réel de la mobilité mérite donc d’être intégré dans le calcul de rentabilité.

Que faire si le cabinet se trouve dans l’habitation privée ?

Lorsqu’une partie du domicile est réellement affectée à l’activité professionnelle, certaines dépenses peuvent comporter une part professionnelle.

Selon la situation, cela peut concerner notamment :

  • l’électricité et le chauffage ;
  • l’entretien ;
  • internet ;
  • certaines assurances ;
  • d’autres frais liés à l’utilisation professionnelle du bâtiment.

La répartition doit être cohérente avec l’utilisation réelle des locaux et le traitement peut différer selon que le praticien exerce en personne physique ou via une société.

Quelles cotisations sociales pour un kinésithérapeute indépendant ?

Le kinésithérapeute indépendant doit être affilié à une caisse d’assurances sociales.

Ses cotisations personnelles sont calculées sur son revenu professionnel selon les règles du statut social des travailleurs indépendants.

Comme pour les autres indépendants, les montants payés pendant l’année sont généralement provisoires avant une régularisation lorsque le revenu définitif est connu.

Ces cotisations doivent être intégrées au budget du cabinet afin d’éviter de considérer l’ensemble des honoraires encaissés comme immédiatement disponible.

Le kinésithérapeute peut-il bénéficier du statut social INAMI ?

Oui, lorsqu’il remplit les conditions prévues.

Le statut social des kinésithérapeutes conventionnés comprend notamment un avantage social qui peut être versé par l’INAMI à l’organisme de pension ou à la compagnie d’assurance avec laquelle le praticien a conclu un contrat admissible.

Pour l’année de prime 2026, l’INAMI prévoit plusieurs montants en fonction du niveau d’activité :

  • 2.179,49 € à partir du premier seuil d’activité ;
  • 2.880,03 € à partir du deuxième seuil ;
  • 3.853,04 € à partir du troisième seuil.

L’accès à cet avantage suppose notamment l’adhésion à la convention pendant la période requise et l’atteinte des seuils d’activité définis par l’INAMI.

Ces montants relatifs à l’année de prime 2026 sont payés en 2027.

Comment organiser la trésorerie d’un cabinet de kinésithérapie ?

Une bonne gestion consiste à distinguer les encaissements du montant réellement disponible après les différentes obligations.

Il faut notamment anticiper :

  • les cotisations sociales ;
  • l’impôt et les versements anticipés éventuels ;
  • le loyer et les charges du cabinet ;
  • les assurances ;
  • les investissements ;
  • les remboursements de financements ;
  • les frais de véhicule et de déplacement ;
  • la TVA lorsqu’une partie de l’activité y est soumise.

Une estimation régulière du résultat permet d’ajuster les réserves de trésorerie et d’éviter les mauvaises surprises au moment des échéances fiscales et sociales.

Quels documents envoyer à son comptable ?

Pour une comptabilité de kinésithérapeute en Belgique correctement tenue, les documents doivent idéalement être transmis régulièrement plutôt qu’une seule fois en fin d’année.

Selon votre situation, votre comptable pourra notamment avoir besoin :

  • des factures et justificatifs d’achat ;
  • des relevés bancaires professionnels ;
  • des informations relatives aux honoraires et encaissements ;
  • des décomptes liés au tiers payant ;
  • des documents de votre caisse d’assurances sociales ;
  • des contrats de leasing ou de financement ;
  • des factures relatives aux investissements ;
  • des informations concernant les éventuelles autres activités professionnelles.

Une comptabilité digitalisée permet également de suivre plus facilement l’évolution des recettes et des dépenses au cours de l’année.

Les erreurs fréquentes chez les kinésithérapeutes

  • considérer que toutes les prestations sont automatiquement exemptées de TVA ;
  • ne pas distinguer les différentes activités exercées ;
  • confondre chiffre d’affaires et revenu réellement disponible ;
  • ne pas rapprocher les prestations réalisées des sommes encaissées ;
  • mélanger les dépenses privées et professionnelles ;
  • oublier d’anticiper les cotisations sociales ;
  • ne pas préparer le passage obligatoire aux services MyCareNet en 2027 ;
  • traiter un investissement comme une simple dépense courante ;
  • ne pas intégrer les déplacements professionnels dans le suivi de rentabilité ;
  • transmettre les documents au comptable uniquement au moment de la déclaration fiscale.

Questions fréquentes sur la comptabilité des kinésithérapeutes

Un kinésithérapeute doit-il facturer la TVA en Belgique ?

Les prestations de soins à but thérapeutique peuvent bénéficier de l’exemption TVA prévue pour les soins médicaux lorsque les conditions sont réunies. Les prestations sans but thérapeutique doivent être analysées séparément.

eFact et eAttest sont-ils déjà obligatoires en 2026 ?

Pas encore de manière générale pour les kinésithérapeutes. L’utilisation de eFact, eAttest, eAgreement et Member Data deviendra obligatoire à partir du 1er janvier 2027, sous réserve des exceptions prévues par l’INAMI.

Quelle différence entre un kinésithérapeute conventionné et non conventionné ?

Le praticien qui adhère à la convention applique les tarifs officiels et peut accéder à certains avantages s’il remplit les conditions. Le praticien non conventionné peut fixer librement ses tarifs, mais l’INAMI applique depuis le 1er mai 2025 une diminution de 25 % du remboursement de ses prestations.

Un kinésithérapeute peut-il bénéficier du statut social INAMI ?

Oui, lorsqu’il est conventionné et remplit les autres conditions prévues, notamment en matière de niveau d’activité. Pour l’année de prime 2026, les montants varient selon les seuils d’activité.

Un kinésithérapeute peut-il exercer via une société ?

L’exercice via une société est possible selon la structure et les conditions applicables. Son intérêt fiscal et financier doit être évalué en fonction du bénéfice, des investissements, des besoins privés et de la situation du praticien.

Ce qu’il faut retenir

La comptabilité d’un kinésithérapeute en Belgique doit intégrer à la fois les règles fiscales générales et les particularités liées au secteur des soins de santé.

Le traitement TVA dépend notamment du but thérapeutique des prestations. Les différentes activités exercées doivent donc être identifiées correctement.

En matière de facturation, une évolution majeure se prépare : eFact, eAttest, eAgreement et Member Data deviendront en principe obligatoires pour les kinésithérapeutes à partir du 1er janvier 2027.

Le conventionnement, le statut social INAMI, les frais du cabinet, les déplacements et les cotisations sociales doivent également être intégrés dans le suivi financier.

Un comptable en Belgique ou une fiduciaire à Bruxelles habituée aux professions de santé peut accompagner le kinésithérapeute dans l’organisation de sa comptabilité, de sa fiscalité et de sa trésorerie.

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